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Indigènes, prix d’interprétation politique : Le premier film de commande financé par des politiciens pour des politiciens - L’Histoire noire Arabe sans Noir

jeudi 28 septembre 2006





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Financement du film "Indigènes (50% Jamel, les autres niés)" : "A la demande des hommes politiques démarchés, j’ai assisté à tous leurs rendez-vous avec la production", précise Jamel Debbouze.

Un film de commande politique

VOIR LE POT AUX ROSES POLITIQUE sur lexpress.fr :

http://lexpress.fr/info/societe/dos...

Indigènes : Film politicien arnaqueur. Se rappeler que les FINANCEMENTS du film ont été réclamés auprès de POLITICIENS... (dixit Debbouze)

Et se rappeler que la mesure opportuniste annoncée pour les anciens combattants étrangers NE SERA JAMAIS APPLIQUEE grâce au changement de tête en 2007.

Les indigènes Noirs sont relégués à une figuration fugitive honteuse au profit des indigènes Arabes qui seuls semblent exister.

Ceci est une tactique politicienne de division suite à l’affaire Dieudonné et ses conséquences. Réclamez l’application immédiate !

Boycottez et contestez ce film de commande idéologique manipulateur pour contraindre les médias à rétablir la vérité historique et la dignité de tous les indigènes pour la République !

http://paris.indymedia.org/article....

Un film de propagande électorale visant les divisions ethniques

Les tirailleurs sénégalais et la censure politique de l’Histoire et des Noirs !

Preuve, le réalisateur du film, Rachid Bouchareb, avoue dans Libération du 25 septembre : "Initialement, j’avais d’ailleurs prévu un soldat noir dans le scénario, mais on débordait les quatre heures"...

http://www.liberation.fr/actualite/...

On n’évoque même pas les asiatiques.

On a donc choisi volontairement le négationnisme communautariste diviseur !

Un film financé par autant de politiciens est forcément passé par les fourches caudines d’une volonté qui s’est révélée publiquement avec l’annonce opportuniste de la future mise à égalité des pensions... En 2007 ! T’as qu’à croire.

Ce film est effectivement Historique...

Il marquera l’histoire... des magouilles politico-financières.

Il remporte à titre posthume le prix de la mise en scène électorale.

Diviser pour régner... Dans les banlieues...

*

Suivre l’actualité marchande du film :

http://news.google.fr/news?hl=fr&lr...

http://www.excite.fr/search/news/re...


Documents probatoires


Libération (gras ajouté pour références)

Société

Colonies. Rachid Bouchareb, réalisateur d’ « Indigènes », récuse l’idée d’un « film communautariste » :

« L’affirmation de notre identité française »

Par Ange-Dominique BOUZET

QUOTIDIEN : Lundi 25 septembre 2006 - 06:00

Fils d’immigrés algériens promis à l’usine, Rachid Bouchareb s’est fait homme de cinéma tout seul. Devenu réalisateur et producteur (à l’enseigne de 3B, maison également productrice de Bruno Dumont), il signe avec Indigènes son cinquième long métrage, de loin le plus ambitieux : une superproduction budgétisée à quelque vingt millions d’euros, financée pour quinze grâce à de multiples concours et aux efforts consentis par ses quatre stars beurs, Jamel Debbouze en tête.

Indigènes, s’il ne sort qu’après-demain, fait déjà beaucoup de bruit...

Nous avons déjà des milliers de spectateurs. Depuis le 30 août, nous avons fait un tour de France d’avant-premières, en remontant l’itinéraire de la Libération. Les gens ont tant afflué qu’il a fallu multiplier le nombre des salles prévues ! Les débats étaient étonnants pour moi, qui, dans les projections, ai l’habitude de parler « film ». Là, immédiatement, les discussions embrayaient sur l’histoire, la société d’aujourd’hui. Il y avait, bien sûr, des anciens combattants qui se souvenaient, mais j’ai vu des tas de gens, de tous les âges, bouleversés, qui disaient « on ne savait pas »...

Ce rappel du rôle des troupes d’outre-mer dans la libération de la France, c’était votre premier objectif ?

Mon premier besoin, c’était de comprendre ma propre histoire. Qu’avaient vécu nos ancêtres, à nous enfants d’immigrés, sous la colonisation ? Quel rôle ont joué nos grands-parents et nos parents dans la guerre et puis la reconstruction de la France ? Je porte ce souci, et ce projet, depuis des années. J’ai beaucoup enquêté et rencontré beaucoup d’anciens combattants. Pas seulement des Nord-Africains, mais aussi des Asiatiques et des Africains... Initialement, j’avais d’ailleurs prévu un soldat noir dans le scénario, mais on débordait les quatre heures. Quoi qu’il en soit, je ne vois pas Indigènes comme un film communautaire pour la communauté maghrébine. Ni moi, ni les comédiens ! C’est un acte général d’affirmation de notre identité française, pour tous les fils de l’immigration !

Avec Olivier Lorelle, mon coscénariste, nous avons fait énormément de recherches dans les archives. Le fait est qu’en termes d’images nous avons trouvé peu de chose. Quand « on » photographiait les « libérateurs », manifestement on préférait photographier les soldats métropolitains. De même que les promotions privilégiaient toujours d’abord les métropolitains, puis les pieds-noirs, les « indigènes » venant en bout de chaîne. En même temps, je n’ai pas voulu être manichéen : si le colonel s’en va à la fin en ignorant Abdelkader, ça n’est pas délibéré, c’est parce qu’il a déjà oublié, emporté par le mouvement... Mais tout est vrai. Des photographies d’officiers regardant de loin, à la jumelle, l’infanterie indigène se faire massacrer, j’en ai. Les sandalettes dans la neige, aussi : l’armée française dépendait totalement, pour son équipement, de l’armée américaine, alors les chaussures des goumiers marocains... La scène des tomates fraîches réservées à la popote des seuls « Français », c’est également une anecdote vécue. Quant à la censure des lettres échangées par Messaoud et son amie marseillaise, elle est conforme aux rapports que nous avons trouvés au 2e bureau de Vincennes. Evidemment, il fallait éviter que les soldats ne communiquent des renseignements dangereux sur leurs positions, leurs mouvements, etc. Mais on voit très bien que la censure écrémait aussi les correspondances sous un angle social, en considération des relations qu’on ne voulait pas voir s’instaurer après la guerre.

Indigènes appelle à la mise à niveau des retraites des anciens combattants d’outre-mer. Pensez-vous gagner ?

En tout cas Jacques Chirac nous l’a promis. Il a vu le film, le 5 septembre, lors d’une avant-première organisée par la Fondation Claude Pompidou. Nous lui avons remis l’appel pour l’égalité des droits entre anciens combattants français et coloniaux. Il nous a assuré que le nécessaire allait être fait. En attendant, les gens peuvent trouver le manifeste sur le site Internet du film (1) : nous les invitons à le télécharger et à l’adresser à l’Elysée !

(1) www.indigenes-lefilm.com

(c) Liberation.fr

http://www.liberation.fr/actualite/...


L’Express (gras ajouté pour références)

L’Express du 21/09/2006

Indigènes, quelle histoire !

par Christophe Carrière

Pour réaliser et surtout financer son film, Rachid Bouchareb aura livré une rude bataille. Acteurs, mais aussi patrons et hommes politiques, se sont engagés dans la cause. Jusqu’à l’Elysée...

A la guerre comme à la guerre. Indigènes, évocation des tirailleurs nord-africains qui participèrent, en 1944, à la libération de la France, est né après bien des batailles. Pourtant, son réalisateur, Rachid Bouchareb, est un pacifiste. Quand, il y a dix ans, l’idée de raconter l’histoire de ses aïeux lui vient, il n’a aucune velléité revancharde. « Je voulais juste transmettre au public un chapitre historique absent de tous les manuels scolaires. » Seulement voilà : un film pareil, cela demande beaucoup d’argent. Le metteur en scène et son associé au sein de 3B Production, Jean Bréhat, sous-estiment la galère qui les attend et ignorent la croisade politique qu’ils devront mener afin de réunir les fonds.

Des soutiens politiques officiels... et officieux

Nemmiche rédige une note de quelques lignes : le titre du film, les comédiens principaux, le synopsis, le numéro de téléphone de Rachid Bouchareb, et la remet en mains propres à Bébéar, qui appelle le réalisateur dès le lendemain matin. Un déjeuner est organisé au restaurant la Maison blanche. A la fin du repas, un homme déjeunant à proximité, intrigué par la conversation qu’il entend, s’enquiert de l’identité de ses voisins. Il s’agit de Didier Duverger, patron de Coficiné, la banque du cinéma. Il a bien reçu le dossier Indigènes, mais ne croit guère à son aboutissement. « Quand je les ai vus en compagnie de Claude Bébéar, mes doutes se sont envolés », avoue le banquier. Effectivement, une semaine plus tard, le Groupe Canal injecte 4 millions d’euros dans l’affaire. Claude Bébéar, intronisé « parrain du film » par Jean Bréhat et Rachid Bouchareb, joue aujourd’hui les modestes : « Ils exagèrent ma participation. Comme on s’est mal comporté avec ces personnes qui ont aidé à libérer la France, je trouvais totalement justifié qu’un long-métrage leur rende hommage. Je me suis contenté d’appeler Jean-René Fourtou et Bertrand Méheut, et les ai convaincus de la rentabilité potentielle du film. »

En janvier 2005, malgré toutes les aides, dont celle du producteur Thomas Langmann, 3B Production n’a réuni que 10,5 millions d’euros. Nouveau rodéo financier... Cette fois, c’est Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d’Ile-de-France, qui décroche 500 000 euros sur le budget culturel de sa région, mesure votée par les élus, de gauche comme de droite.

Bouchareb, lui, commence le tournage au Maroc. Les comédiens sont morts de trac. Naceri un peu plus que les autres, le seul des quatre à ne pas savoir parler la langue arabe. « Le problème, c’était surtout de parler en français, précise Sami Bouajila. Les Nord-Africains avaient un accent différent de celui d’aujourd’hui, et il s’agissait de ne pas tomber dans la caricature. »

Pendant ce temps, Nemmiche continue sa quête. Car il manque encore 1,5 million d’euros au titre de la postproduction (montage, effets spéciaux, etc.). Il s’adresse à Pierre Méhaignerie (président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale). Le député UMP, via l’Assemblée, verse 100 000 euros au conseil régional de Franche-Comté, qui les ajoute aux 100 000 euros alloués au film par une subvention. « On a emmerdé la terre entière ! » raconte Jean Bréhat. Du moins, tous les directeurs de cabinet. « Dominique Cantien voulait clairement, en échange d’une aide quelconque de son compagnon, Philippe Douste-Blazy, une photo du ministre des Affaires étrangères avec Jamel Debbouze », confie le producteur. « A la demande des hommes politiques démarchés, j’ai assisté à tous leurs rendez-vous avec la production, précise Jamel. Les rares photos où j’ai posé avec eux, c’était pour leur nièce ou leur cousine. » Une conseillère de Nicolas Sarkozy aurait aussi proposé à l’artiste d’accompagner le ministre de l’Intérieur à Trappes. Sans succès. Pour autant, le n° 2 du gouvernement a apporté sa pierre à l’édifice. En l’occurrence, une lettre à l’attention d’ Adrien Zeller, président du conseil régional d’Alsace, demandant à l’intéressé une augmentation exceptionnelle de sa subvention, plafonnée à 48 000 euros pour un long-métrage. Après réception du courrier, elle montera à 60 000. De son côté, Philippe Séguin, président de la Cour des comptes, intervient auprès de la Caisse des dépôts et consignations, afin qu’elle accorde 110 000 euros au projet. Jusqu’à la bénédiction suprême : le soutien officieux de l’Elysée, puisque Claude Chirac pousse France Télévisions, déjà très généreuse, à investir un peu plus d’argent. D’un pari improbable, Indigènes devient ainsi une grande cause nationale.

Financièrement, le projet Indigènes repose sur les épaules de ses vedettes. Bouchareb en est conscient et décide de passer à l’action au début 2002. Astérix et Obélix : mission Cléopâtre a attiré 14 millions de spectateurs et consacré Jamel Debbouze. La série des Taxi a donné à Samy Naceri une popularité auprès d’un jeune public. Sami Bouajila et Roschdy Zem, forts d’une longue filmographie, sont, eux, des talents confirmés et respectés. Bouchareb confie aux quatre son envie. Ils donnent un accord de principe, même s’ils ignorent de quoi leur parle le metteur en scène. « J’avais toujours entendu parler des tirailleurs sénégalais, mais jamais des Algériens ni des Marocains, avoue Roschdy Zem. Ce n’est pas dans notre culture de faire passer, de génération en génération, des souvenirs douloureux. »

Durant un an, Rachid Bouchareb et son coscénariste, Olivier Lorelle, recueillent les témoignages d’anciens combattants. En France, en Algérie, au Sénégal... Le script connaîtra 27 versions. D’une première de 3 h 15 et 35 millions d’euros de budget, à une dernière, plus courte et moins chère - 14,5 millions, quand même !

Forts d’une aide au développement et d’une avance sur recettes obtenues sans mal (autour de 700 000 euros), Bréhat et Bouchareb partent, confiants, en quête de partenaires financiers. Les alliés de la première heure sont les responsables de France Télévisions et Jamel Debbouze. Le comédien apporte deux atouts considérables. D’abord, de nouveaux subsides. A même d’exiger un cachet de 1 million d’euros, il fait l’inverse : il sort ce million de sa poche, via sa société Kissman Productions, et devient coproducteur. Légalement obligé de toucher un cachet comme comédien, il prendra le minimum syndical, à savoir 300 euros par jour. Ensuite, sa relation privilégiée avec Mohammed VI, roi du Maroc. Le souverain met à disposition de la production la région de Ouarzazate, ainsi que 500 soldats et l’infrastructure militaire qui va de pair (avions, bateaux, etc.), ce pendant six semaines.

Néanmoins, toutes ces aides ne suffisent pas à boucler le plan de financement. « Pour une comédie, on n’aurait eu aucun mal à réunir les fonds, reconnaît Jean Bréhat. Mais un film de guerre, c’est moins vendeur. » Une réalité économique qui freine le Groupe Canal , malgré le soutien actif de son directeur général, Rodolphe Bremer. Le projet est dans l’impasse.

Jean Bréhat requiert les services d’un vieux copain, Mohamed Nemmiche, ex-journaliste et « militant mondain », devenu « conseiller en financement » , grâce à un impressionnant carnet d’adresses et à un extraordinaire culot. « L’équation était simple, se souvient Mohamed Nemmiche. Canal appartient au groupe Vivendi, au sein duquel on trouve Jean-René Fourtou, lui-même meilleur ami de Claude Bébéar [président de l’Institut Montaigne], très sensible aux problèmes d’immigration. Or, à ce moment-là, au printemps 2004, l’Assemblée nationale débat de la politique à mener sur ce thème, avec, entre autres intervenants, Claude Bébéar. Je savais où le trouver ! »

Une sélection au Festival de Cannes paraît, au fil des mois, inéluctable. L’accueil dithyrambique à la fin de la projection et, le jour du palmarès, le prix d’interprétation attribué aux principaux comédiens augurent, pour le long-métrage, d’un vif retentissement médiatique et populaire.

Le 5 septembre, la Fondation Georges-Pompidou présente le long-métrage à un parterre de grands patrons et de personnalités politiques, dont Jacques Chirac.

Un gros succès populaire en perspective

Vingt minutes avant la projection, Rachid Bouchareb et ses comédiens s’entretiennent avec le président, afin de lui demander de soutenir l’ « appel pour l’égalité des droits entre combattants français et étrangers ». « Après le film, raconte le réalisateur, il était sincèrement bouleversé. Je l’ai pris par le bras et lui ai demandé s’il comprenait pourquoi il devait intervenir. Il a répondu : "Je vais le faire." » Le président a ainsi promis d’attribuer, au plus vite, les pensions jamais versées aux anciens combattants nord-africains.

De son côté, le distributeur Stéphane Célérier (Mars Distribution) a prévu une sortie importante avec 500 copies du film. « Il y a trois ans, j’évaluais le succès d’Indigènes à 1 million d’entrées. Depuis Cannes, cette estimation est multipliée par deux. » Entre une promotion tentaculaire et une étroite collaboration avec le ministère de l’Education nationale, le chiffre devrait se confirmer. Auquel cas Rachid Bouchareb rempilerait. « Je raconterais l’histoire des indigènes de 1945 à 1962, soit du massacre de Sétif à la guerre d’Algérie, en passant par celle d’Indochine. » Ses comédiens ont d’ores et déjà accepté. Indigènes n’est qu’un début, ils continuent le combat.

A lire : Anciens combattants africains, édité aux EditionsLes Imaginayres, 28 euros avec CD sonore joint à l’ouvrage.

(c) lexpress.fr

http://lexpress.fr/info/societe/dos...



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  • [^] fil: rep-
    30 septembre 2006 , par maman13inquiete

    Pétition Nationale qui figure sur le site officiel Indigènes

    APPEL POUR L’ÉGALITÉ DES DROITS ENTRE LES ANCIENS COMBATTANTS FRANCAIS ET COLONIAUX

    Monsieur le Président de la République,

    1 Français « invalide de guerre » vaut 3 Sénégalais et 11 Marocains... 1 Français « ancien combattant pensionné » vaut 2,5 Sénégalais et 7,5 Marocains... 1 Français ayant été incorporé « 90 jours dans une unité combattante » vaut 5,2 Maliens, 7,3 Algériens et 26 Cambodgiens...

    Ce n’est pas une histoire du temps des colonies, c’est la situation actuelle des anciens combattants « INDIGÈNES », dans 25 pays de l’ancien empire colonial français... Un des plus grands scandales de notre République.

    Cet appel demande simplement que l’on revienne à l’arithmétique républicaine et que cesse l’arithmétique coloniale : l’égalité de tous devant la loi, pour ceux qui étaient égaux dans les combats. Depuis 50 ans, les recours se succèdent, des spécialistes nous expliquent que les économies locales ne peuvent « digérer » une telle parité (83.000 personnes seulement sont concernées aujourd’hui - en dehors de ceux qui n’ont pu jusqu’alors faire valoir leurs droits - sur plusieurs centaines de millions d’habitants !), les condamnations internationales se cumulent et les débats juridiques et financiers continuent... alors, qu’entre temps, les anciens combattants coloniaux disparaissent sans avoir connu l’égalité de traitement. Vous-même, avait déclaré, M. le Président de la République, le 14 juillet 2006, qu’il fallait « poursuivre le mouvement » de décristallisation.

    Nous partageons votre souhait, il ne reste plus qu’à passer aux actes.

    Dans cette perspective, Monsieur le Président de la République - et à la veille du vote du prochain budget de notre pays -, vous pourriez demander à l’Assemblée Nationale, au Sénat et au Gouvernement Français de rendre hommage à ces hommes venus combattre pour la France de manière exemplaire, en prenant acte de la situation et de mettre en œuvre immédiatement quatre mesures simples. L’ensemble de la Nation, hommes et femmes de droite ou de gauche, se doit de réparer aujourd’hui, cinquante ans d’injustices.

    QUATRE MESURES SIMPLES A METTRE EN ŒUVRE IMMEDIATEMENT :

    1°/ S’engager à ce que, dès 2007, les RETRAITES DU COMBATTANT, de ceux qui ont été dans une « unité combattante au moins 90 jours », soient équivalentes pour tous les hommes qui ont, ensemble, connu le feu... avec une rétroactivité, étalée sur cinq années, de 100% des sommes dues.

    2°/ S’engager à ce que, dès 2007, les PENSIONS D’INVALIDITE soient équivalentes pour ces combattants qui ont, plus que d’autres, connu les souffrances de la guerre... avec le versement immédiat d’une somme forfaitaire égale à dix années d’arriérés.

    3°/ Engager, dès à présent (2006), avec toutes les parties concernées une négociation globale et définitive au sein d’une COMMISSION INDÉPENDANTE concernant les PENSIONS MILITAIRES DE RETRAITE de ceux qui ont « servi la France pendant 15 ans », renouveler les décorations anciennes dans les Outre-mers via les Ambassades de France, résoudre les différentes situations de blocage de droits depuis les réformes de 1991 ou les situations spécifiques de ceux qui n’ont jusqu’alors jamais pu faire valider leurs droits, mais aussi retrouver une tradition ancienne qui invitait les anciens combattants coloniaux aux cérémonies officielles en France : cette commission devra rendre ses conclusions dans un délai de trois mois et le gouvernement s’engager à les mettre en œuvre avant les Présidentielles.

    4°/ Puisque l’état français a économisé près de 2 milliards d’euros depuis le début de cette sombre histoire, le gouvernement actuel doit s’engager à créer un FONDS D’URGENCE de 10% de cette somme (en cinq ans : 40 millions d’euros par an), soit 200 millions d’euros au total, destinés à quatre objectifs suivis et coordonnés par une commission de spécialistes, d’acteurs associatifs et de représentants de l’État : • un fonds d’aides exceptionnelles pour les personnes les plus démunies ou/et leurs veuves et enfants ; • un fonds de recherches pour mettre en œuvre des programmes de recherches et d’histoire destinés à valoriser l’histoire et la mémoire des anciens combattants issus des colonies ; • un fonds de production pour promouvoir plusieurs expositions itinérantes (grand public et scolaire : en France et Outre-mer) et soutenir la production de fictions TV, fictions cinéma et films documentaires sur ce thème ; • un fonds mémoire pour l’entretien, la restauration et la promotion des lieux de mémoire et d’histoire (cimetières, lieux de combat, monuments, camps d’hivernage, musée de Fréjus...).

    [^] fil: C’est un constat, une évidence : Pourquoi pas un seul Noir mis en évidence ?
    30 septembre 2006 , par Visiteur

    L’express : "L’on pourrait aussi reprocher à un scénario qui veut faire œuvre de justice de ne pas avoir pensé à inclure au moins un soldat noir dans le quatuor des héros d’Indigènes censé symboliser les troupes coloniales."

    http://www.lexpress.fr/info/societe...

    [^] fil: Film ALGERIEN financé par le MAROC... - Pascal Blanchard pervers - Education spéciale
    30 septembre 2006 , par Visiteur

    A savoir...

    "Indigènes a été présenté en compétition officielle en tant que film algérien."

    http://www.politis.fr/article1820.html

    "Pascal Blanchard, historien, chercheur associé au CNRS de Marseille, président de l’Association pour la Connaissance de l’Histoire de l’Afrique Contemporaine, est le conseiller historique du film."

    http://www.vousnousils.fr/page.php?...

    Pascal Blanchard était l’un des préposés au lynchage médiatique de Dieudonné. Il n’a en particulier jamais clarifié le sens du mot "juif" dans Le Code Noir, ce qui aurait levé bon nombre d’incriminations frauduleuses, le plus souvent néosionistes. Il est de ceux qui sous couvert de rejeter la concurence des mémoires, l’a en réalité favorisée en ne clarifiant pas certains points historiques, jouant la carte du monopole victimaire de la Shoah. Sa démarche perverse a consisté à juste laisser entendre qu’"on" ouvrait un boulevard à Dieudonné en "donnant prise à ses thèses", sans affirmer en quoi ces thèses étaient fondées (ou non). Un bel exemple d’hypocrisie et de manque de courage d’historien.

    Il recommence d’ailleurs avec Indigènes, dont il contrôlait les éléments historiques, ce qui ne l’empêche pas de critiquer ou de laisser un flou artistique sur... Des points historiques du film ! (motivations, libre arbitre, etc.)

    Noter qu’une grande opération est lancée simultanément dans l’éducation nationale, par ailleurs liée à la production...

    http://www.zerodeconduite.net/indig...

    Même méthode que pour le DVD diffusant un monopole victimaire : On impose aux jeunes cerveaux une vérité dans un processus particulier au lieu d’expliquer l’histoire véritable dans un processus normal d’enseignement.

    [^] fil: rep-
    29 septembre 2006 , par curtis newton
    La suite du film de Bouchareb sera sur les massacres de Sétif en 1945 (environ 100 000 morts "indigènes) qui avaient eu le malheur de commencer à réver d’indépendance... On verra s’il bénéficie d’une part de promotion aussi large que pour "Indigénes". Les massacres de Sétif étant l’une des pages les plus sombres de l’histoire du colonialisme français...

    [^] fil: rep-
    29 septembre 2006 , par Nico

    À méditer ! "Ne rien dire quand on a accès à la tribune, c’est aussi un engagement politique !"

    J’invite les 140 080 spectateurs et les suivants à venir donner leur avis ici même !

    C’est eux qui ont quelque chose à dire, non ?

    [^] fil: Nombre entrées cinéma en France au 1er jour pour le film Indigènes
    29 septembre 2006 , par Pierre Tchernia

    Premier jour France 27/09/2006

    Accompagné d’une bonne réputation depuis sa projection et son prix d’interprétation masculine collectif au Festival de Cannes, Indigènes réussit un très bon premier jour avec plus de 140 000 entrées. Derrière lui, Le diable s’habille en Prada arrive également à bien exister, surtout grâce à un gros score sur Paris/périphérie (31 499 entrées contre 22 347 à Indigènes), et s’approche sur la France des 100 000 tickets vendus.

    1. Indigènes : 140 480

    2. Le diable s’habille en Prada : 94 559

    (Source : CBO)

    [^] fil: rep-
    29 septembre 2006 , par Visiteur
    Moi je vois que des régions ont aidés au financement du film, les régions Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion pourraient peut être aidés pour le film le Code noir.

    [^] fil: AFRIK14EVER
    28 septembre 2006 , par Visiteur

    Mais qu’est ce qu’il se passe ici ? Vous êtes devenus dingues ? Rebeu, renoi meme combat ! Déjà qu’on n’a pas assez de place dans le cinéma, pour une fois qu’on peut faire passer un petit message, il faut que vous veniez envenimer la situation en trouvant des divisions ethniques là ou il n’y en a pas : c’est vous qui les créez ces divisions. Aujourd’hui c’est une partie de l’histoire de France qui se dévoile au grand jour, une grande injustice est dénoncée et c’est tout ce qu’on a toujours cherché. Peu importe d’ou vient le financement, si je devais produire un film sur l’esclavage je prendrait tout ce qu’on me donne ! Vous êtes en train de créer une fausse polémique avec vos "kémite ceci, kémite celà". On s’en fou de votre communautarisme, sans le savoir vous déviez vers l’extrémisme. J’ai toujours soutenu les ogres, mais aujourd’hui ça devient n’importe quoi ! Ce film est une avancée pour nous, le chemin reste encore long alors s’il vous plait ne foutez pas tout en l’air ! La prochaine étape, c’est un film sur l’esclavage, et gspr que vous n’allez pas essayer de chercher la petite bête encore une fois et créer une nouvelle division comme vous êtes en train de le faire.

    Voilà un autre très bon film de Rachid Bouchareb que je vous conseille : http://www.tadrart.com/tessalit/lamiyabon/home.html

    [^] fil: C’est vrai
    28 septembre 2006 , par EMA

    C’est vrai que c’est ce qu’il y a de plus désolant dans ce film qui se réclame d’une certaine ouverture ; faire un film sur les africains qui ont aidé la France sans un noir dans l’un des rôles principaux. Que faut il donc faire ; un film sur la décolonisation sans parler de l’Algérie !!!

    Peut être qu’avec juste un ou deux noirs qui ça n’aurait pas donné le même effet !? D’un autre côté c’est bien l’esprit qu’on nous demande d’avoir ; chacun son buizness.

    Au dela du financement qui n’est pas si grave au final ; on peut tout de même penser que ça fera peut être évoluer quelque chose pour les sémites ! Je l’espère pour eux en tout cas.

    [^] fil: rep-
    28 septembre 2006 , par Joker

    Toujours la même technique : rendre vulgaire ou pervertir la réalité...

    ... Pour mieux la récupérer en bénéfice à leurs avantages, résultats pourris par mensonges, récupérations, manipulations, ... !

    Ce n’est pas le traitement pendant la guerre qui est le plus intéressant, c’est celui d’aujourd’hui !

    Les noirs sont vraiment victime d’un racisme hors du commun, dommages qu’il y en ait qui se radicalise...

    [^] fil: rep-
    28 septembre 2006 , par ALIDJANA

    Tout ceci ne me surprends pas !

    Vous oubliez un peu vite, qu’à l’époque où nous les Kémites, étions des Esclaves dans les Amériques,les arabes eux étaient libres.

    Vous oubliez un peu vite,qu’à l’époque de la Ségrégation aux USA,les arabes eux,pouvaient vivre librement ! Alors que nous autres Bantu Kémites étions considérés au même titre que des animaux,les arabes eux avaient accés à l’enseignement,au travail,...

    Les techniques d’hier,sont les mêmes que celles d’aujourd’hui ! Les européens seront toujours plus proche des arabes que des Bantu Kémites ! Commes les français se sentiront toujours plus proche des polonais que des arabes !

    Enfin,pourquoi voulez vous que les Bantu Kémites des banlieus et les arabes se considérent comme étant des "fréres" ou des "cousins" ?

    Perso,je ne crois pas que ce film,puisse avoir un impact sur le vote des arabes en 2007. Il y a deux sortes d’arabes selon moi.
    -  Les arabes qui sont en ruptures avec le système(UMPS) !
    -  Les arabes qui sont dans le système(genre Maleck bouthy ou Kenza)

    Comme il y a deux sortes de Bantu Kémites(Kémi Séba ou Kelman) !

    Mettez votre energie sur les arabes et les Bantu Kémites qui sont en ruptures avec le système car ce n’est pas un film qui leur fera changer d’avis !

    [^] fil: rep-
    28 septembre 2006 , par Visiteur
    Le réalisateur du film Rachid Bouchareb a aussi fait "LITTLE SENEGAL" pour information.

    [^] fil: rep-
    28 septembre 2006 , par Visiteur

    L’Histoire noire Arabe sans Noir

    J’ai rien compris

    [^] fil: rep-
    28 septembre 2006 , par Visiteur

    "Indigènes" : financement éclectique pour l’un des 10 gros budgets de l’année

    PARIS, 23 sept 2006 (AFP) - 23/09/2006 08h48 - Avec un budget global de 14 millions d’euros, "Indigènes" de Rachid Bouchareb est l’une des dix fictions françaises les plus chères de l’année, dotée d’un financement éclectique auquel ont contribué trois chaînes de télévision, cinq régions et le Royaume du Maroc.

    Avec 4,1 millions d’euros pour Canal+ - à travers Studiocanal, Canal+ et Ciné cinémas - et 2,5 M EUR pour France 2 et France 3, les chaînes de télévision privées et publiques ont financé près de la moitié du budget.

    Le réalisateur et l’un des comédiens, Jamel Debbouze, ont co-produit le film à travers leurs sociétés de production respectives, 3B et Tessalit Productions pour le premier, Kissfilms pour le second, pour des montants non dévoilés.

    Ils ont été épaulés par une société de production marocaine, une algérienne et deux belges.

    Cinq régions ont également mis la main au portefeuille : l’Ile-de-France (500.000 EUR), la Franche-Comté (200.000 EUR), la région PACA (110.000 EUR), l’Alsace (60.000 EUR), l’Aquitaine, mais aussi le conseil général des Vosges (30.000 EUR).

    Plus étonnant, le royaume du Maroc figure au générique comme co-producteur, car il a mis son armée à disposition du tournage, un apport "en nature" difficile à chiffrer, sans lequel "Indigènes" n’aurait pu être réalisé.

    Des partenariats avec la compagnie aérienne Royal Air Maroc et le groupe téléphonique Maroc Telecom ont eux aussi contribué à réduire la facture.

    Enfin, la Ligue des droits de l’homme, le Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (FASILD), mais aussi la Caisse des Dépôts et Consignations, ont financé le film.

    Plus classique, le CNC a fourni une avance sur recettes de 500.000 euros et une "aide aux nouvelles technologies" pour 100.000 euros.

    Les 18 semaines de tournage ont entraîné l’équipe du film au Maroc (Ouarzazate, Agadir) dans le sud de la France (Beaucaire, Tarascon), dans les Vosges et à la frontière de l’Alsace-Lorraine.

    Pour retracer avec authenticité l’itinéraire de ses quatre soldats "indigènes", Rachid Bouchareb et son co-scénariste sont allés pendant plus d’un an à la rencontre d’anciens combattants nord-africains à Bordeaux, Marseille et Nantes, ainsi qu’au Sénégal, au Maroc et en Algérie.

    [^] fil: rep-
    28 septembre 2006 , par Visiteur
    Un film engagé et efficace qui nous change des mièvreries intimistes et des comédies débiles.

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    28 septembre 2006 , par Visiteur

    « Pourquoi j’aime la France »

    Le Nouvel Observateur.- Votre film est-il fait pour inspirer des sentiments de révolte ou de réconciliation ?

    Jamel Debbouze. - « Indigènes » est un appel à la réconciliation. Pour le tourner, on a rencontré des anciens tirailleurs. Eux aussi, ils vont dans le sens de la réconciliation. La sérénité de ces types m’a marqué. Je ne les ai pas trouvés revanchards une seule seconde. Franchement, moi, j’aurais eu les boules si je m’étais autant donné pour la France sans aucune reconnaissance. Eux, ils n’ont qu’une seule envie : que la France n’oublie pas leur sacrifice dans cette guerre. En voyant leur état d’esprit, on comprend combien se trompent ceux qui nous parlent encore d’« intégration ». On est légitime dans ce pays, on a grandi ici, on est des « icissiens ». Ce pays, c’est le nôtre. Moi, j’aime la France...

    N. O. -Pourquoi ?

    J. Debbouze. - Pour ses fromages, son « Club Dorothée »... Regardez Samy : il porte le survêtement de l’équipe de France. Sérieusement, aucun homme politique ne nous fera changer d’avis sur notre terre et nos racines. Il faut compter avec nous. On est une force vive de ce pays. J’espère que les gens qui iront voir « Indigènes » comprendront que le visage de la France ressemble aussi au nôtre.

    Roschdy Zem. - Avant, les racistes nous reprochaient d’être arabes ; maintenant, ils nous reprochent d’être français. C’est ça qui les dérange. Il ne faut pas laisser le drapeau bleu-blanc-rouge au Front national. Dans les années 1970 et 1980, il était de bon ton de se montrer antipatriotique. Quand on était gamin, on devait se justifier de ne pas être toxico ou voleur de mobylette. Aujourd’hui, c’est plus difficile. Les jeunes doivent se justifier de ne pas être des terroristes, de ne pas battre leur femme, de ne pas être antisémites.

    N. O. - Pensez-vous que vos personnages - Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir - vont pouvoir concurrencer Tony Montana, le héros de « Scarface », dans la mythologie d’une certaine jeunesse des banlieues ?

    J. Debbouze. - Ouille, il est costaud, Tony Montana ! La phrase de « Scarface » que retiennent le plus les gamins, c’est : « Mes mains sont faites pour l’or et elles sont dans la merde. » En tout cas, avec ce film, on leur donne des héros rebeus ou renois qui leur ressemblent. Nous incarnons nos arrière-grands-parents, des gardiens de chèvres qui luttent contre l’obscurantisme, le nazisme. Ce n’est pas arrivé souvent. Même Lawrence d’Arabie, il était blond aux yeux bleus...

    R. Zem. - Je préfère le message de ces quatre personnages à ce que véhicule Tony Montana.

    Samy Naceri. - Ceux qui ont perdu les repères ou qui n’en ont jamais eu, on espère quece film leur en donnera. Ils se diront : nos familles se sont battues pour la France, quelque part on est français, on est là, on ne le savait pas. J’espère que ce film va faire bouger les choses et qu’une fois pour toutes on va faire partie de l’histoire de France, comme Marie-Antoinette, Louis XV et Louis XIV.

    J. Debbouze. - Tu savais que les Arabes avaient libéré la Corse ?

    S. Naceri. - Non. Les profs doivent apprendre aux élèves qu’on a libéré la Corse, Marseille, Toulon... J. Debbouze. - Ne dis pas « on », les gens vont croire que tu es Highlander, l’homme qui voyage à travers les siècles [rires].

    N. O. - A propos, avez-vous fait votre service militaire ?

    J. Debbouze. - Moi, j’étais réformé direct P8.

    Sami Bouajila. - Je suis objecteur de conscience.

    R. Zem. - On ne m’a jamais appelé. A 17 ans, j’étais marocain. Je ne me suis donc pas fait recenser. Je suis devenu français à 18 ans. Et personne ne m’a demandé de faire l’armée.

    S. Naceri. - J’étais soutien de famille.

    N. O. - Parlait-on de l’épopée des tirailleurs dans vos familles ?

    J. Debbouze. - J’ai appris par ce film que mon arrière-grand-père, Bensaïd Debbouze, était tirailleur. Il était dans la même section que celui de Sami [Bouajila].

    R. Zem. - Il n’y a pas eu de transmission du passé. On est tous responsables : la France, mais aussi nos ancêtres. Le gaullisme a délibérément « blanchi » l’armée française. Mais, nous, on n’a pas la culture de la commémoration. Nos aînés n’ont rien fait pour archiver ça. Par exemple, c’est quand Rachid [Bouchareb] a produit « Vivre au paradis » sur les bidonvilles de Nanterre que j’ai découvert que mes parents avaient vécu là.

    S. Naceri. - Moi, mon père vit en Algérie. Je n’ai jamais parlé de l’histoire des tirailleurs avec lui. Mais Rachid Bouchareb a trouvé sur le site du ministère de la Défense un Naceri, un Debbouze, un Zem, un Bouajila. J’en suis fier. Moi, si demain tu me coupes un bras, je me bats pour la France. Je suis français, dans le 4e arrondissement. Je suis un vrai parigot.

    S. Bouajila. - Chez moi non plus, on n’en parlait pas.

    N. O. - Jamel Debbouze, vous avez dit : « Si je fais « Indigènes », c’est aussi contre Fabius, qui s’est opposé à l’alignement des retraites entre les soldats français et les soldats coloniaux. »

    J. Debbouze. - L’Etat a une dette envers ces anciens combattants. Ils sont bloqués comme des cons en France dans des foyers Sonacotra. S’ils retournent dans leur pays d’origine, ils ne peuvent pas recevoir leur pension. C’est intolérable.

    N. O. - A propos du montage financier du film, vous avez dit : « La droite nous a aidés, pas la gauche. »

    J. Debbouze. - On n’a aucun scrupule à solliciter les gens sollicitables pour donner corps à un projet. Ce n’est plus une histoire politique, mais citoyenne. On remercie tout le monde, Nicolas Sarkozy comme Jean-Paul Huchon, et on ne remercie personne, parce que c’est normal. Mais c’est vrai que les régions de droite ont répondu plus vite et mieux.

    N. O. - Jamel Debbouze, dans votre spectacle, vous disiez : « Il ne faut pas croire tout ce que dit TF1. » « Indigènes » est cofinancé par TF1. Gardez-vous la même liberté de parole ?

    J. Debbouze. - Si je passe à l’Olympia, je sais que l’Olympia appartient à Vivendi Universal. Si je commence à rentrer dans ce calcul, je fonds comme du beurre - que je ne suis pas. Si être libre c’est finir seul dans un désert comme Alceste : c’est pourri. Il faut composer. Comme... Calimero.

    N. O. - Si vous ne dites pas merci à Sarkozy, que lui dites-vous ?

    S. Naceri. - La politique, c’est pas mon truc. Moi, c’est le cinéma, les gonzesses et le football.

    J. Debbouze. - C’est le beauf du groupe ! Mais je comprends cet état d’esprit. Je ne suis pas poujadiste, mais je n’ai jamais eu l’occasion de croire en un homme politique. Il est où, Martin Luther King ? Nicolas Sarkozy ne me représente pas. Tout ce que j’ai à dire au ministre de l’Intérieur, c’est : détends-toi, cousin. Quant à Ségolène Royal, c’est un ovni.

    N. O. - Etes-vous favorable à l’appel collectif « Nous sommes les indigènes de la République » ? Dans ce texte, qui se réfère au Code de l’Indigénat de 1881, il est dit que « la France reste un payscolonial ». Une formule quelque peu excessive, non ?

    R. Zem. - Il y a quand même du vrai, malheureusement. En Grande-Bretagne, on ne demande pas aux Pakistanais d’enlever leur turban à l’école.

    S. Bouajila. - Pensez à la faculté d’intégration des anciens tirailleurs. Aujourd’hui, dans les foyers Sonacotra, ils vous parlent encore de la « mère patrie », monsieur. Ils se reconnaissent dans l’islam avant de se reconnaître dans une nationalité, mais ils n’ont pas le sentiment de trahir quoi que ce soit.

    R. Zem. - En France, il y a 3 millions d’illettrés, je veux dire des Français pure souche, ceux dont on parlait dans l’affaire Outreau, par exemple. L’intégration est valable pour tout le monde. S’intégrer, c’est être apte à s’épanouir dans un pays. Tu peux t’émanciper avec une djellaba.

    J. Debbouze. - Dans une équipe de foot, si tu mets le ballon au fond des filets, on s’en bat les couilles de l’intégration.

    R. Zem. - Je n’aime pas le parallèle avec le sport. Ça me rappelle les JO de Mexico. Les blacks, on les accepte tant qu’ils courent vite. Mais ils ont aussi envie d’être dentistes.

    J. Debbouze. - Comment tu veux lutter, tonton ? Dans ce pays, la politique passe son temps à créer des clans. Quand j’entends Nicolas Sarkozy nous dire qu’il y a des ghettos de pauvres ! Qu’on arrête de créer des ghettos de riches !

    N. O. - La peur dans certains quartiers, c’est juste une invention de Le Pen et de Sarkozy ?

    J. Debbouze. - Non. Mais des émissions comme « le Droit de savoir » font la promo de cette insécurité comme jamais. Je me demande si le rédacteur du « Droit de savoir » ne serait pas Nicolas Sarkozy lui-même. Tous les dimanches, des Arabes voleurs, casseurs, violeurs, terroristes. Vu de la Creuse, tu as le droit de te poser des questions.

    R. Zem. - On est passé du condescendant « touche pas à mon pote » à « ni putes ni soumises ». On est soit des maquereaux, soit des machos.

    J. Debbouze. - Le bon slogan, c’est pas ni macho ni proxo, mais ni béton, ni bitume, ni cafard, ni pisse dans les ascenseurs.

    N. O. - Il y a des progrès, néanmoins : il y a quelques années, au Festival de Cannes, Rachid Bouchareb s’est retrouvé au commissariat parce qu’on l’accusait d’avoir dérobé des accréditations. Cette année, son film a été primé.

    R. Zem. - La première fois que je suis allé aux Césars, c’était pour remettre un trophée. Le vigile ne m’a pas laissé passer. Il ne me croyait pas. C’était l’année où toi, Samy, tu étais nommé dans les espoirs. [La journaliste] Isabelle Giordano et son mec ont fini par me faire rentrer.

    J. Debbouze. - Moi, je te jure, je me le rappellerai toute ma vie, j’allais aux Bains Douches avec un copain à moi, et la meuf à l’entrée dit à mon pote en me montrant sans me regarder : « « Ça », c’est impossible que ça rentre. » Moi, je te jure sur la tête de ma mère, j’avais mis mon plus beau pantalon à pinces, quatre pinces avec un petit revers, là, bon, c’est vrai, on voyait un peu mes chaussettes, mais franchement j’étais pessa [sapé] pour moi, une petite chemise rose, bon, c’était pas très cordonné... 27 francs le ticket de train entre Trappes et Montparnasse-Bienvenüe, 54 balles l’aller-retour sans compter le ticket de métro, puis un petit revé [verre] sur place. Donc 100 balles, mon frère. J’ai niqué 100 balles pour pas rentrer aux Bains Douches et pour me faire insulter.

    R. Zem. - Je ne sais pas si ça vous a fait la même chose, mais, moi, je finissais même par comprendre qu’ils ne me laissent pas rentrer en boîte. Je me disais : ben ouais, quoi, je rentre pas. Le mec finit par te laver le cerveau.

    S. Bouajila. - Un ghetto mental.

    J. Debbouze. - Ma mère a tenté de me faire accepter ça, j’ai eu beaucoup de mal. Elle me disait : ferme ta gueule, on n’est pas chez nous. Attention, chut ! R. Zem. -La première fois que je cherche du boulot, je me dis : j’ai envie de travailler dans un magasin de sport.J’achète des baskets toutes neuves, des Nastase, pour faire le mec un peu sportif. J’entre dans le magasin, je demande s’ils cherchent un vendeur. Le mec me dit : « Non, mais attendez, bougez pas » et il m’envoie la sécurité qui me demande : « Vous les avez eues où, vos pompes ? » Mon père sortait sa carte de séjour quand le mec en uniforme venait relever le compteur d’eau. C’est une éducation. Aujourd’hui, les gamins de 15 ans sont à mille kilomètres de cette attitude-là. Tu leur marches sur le pied, ils te mettent une tarte. J’ai parlé avec des gamins à la cité de l’Abreuvoir, à Bobigny. Aujourd’hui, le film « la Haine » n’a plus lieu d’être. C’est plus la haine, c’est rien, c’est le désespoir.

    N. O. - Jamel Debbouze, vous avez grandi en écoutant Marvin Gaye. Ils grandissent à l’ombre de 50 Cent. C’est une autre culture. Vous dites souvent que le propre de la génération de vos parents, c’était de « courber l’échine ». Quel est le propre de votre génération ?

    J. Debbouze. - Lever l’échine.

    N. O. - Et de la nouvelle génération ?

    J. Debbouze. - Brûler l’échine.

    R. Zem. - Et le jour où l’échine s’éveillera...

    J. Debbouze. - Comment obtenir le meilleur de ces gamins si on les traite comme des merdes, si on les parque dans des BEP serrurerie ou métallurgie ? Dans certaines cités, à Marseille, les éboueurs ne passent plus. C’est normal qu’ils crament des Fiat Panda.

    N. O. - Vous avez dit « normal » ?

    J. Debbouze. - Au même titre que les routiers ou les agriculteurs mécontents, c’est une manifestation avec, à la place des banderoles, des autos brûlées.

    R. Zem. - Nos erreurs arrangent certaines personnes. Un faux pas de Samy [Naceri] est dix fois plus amplifié que celui d’un autre acteur.

    S. Naceri. - « Le Parisien » est en train de me faire une étiquette d’antisémite. Ils me donnent des propos « racistes et antisémites » que je n’ai jamais tenus. J’ai fait shabbat chez des juifs. J’ai des amis d’enfance, j’ai grandi dans le plus vieux quartier juif de Paris, d’accord ? On m’a envoyé les Impôts. J’ai payé. On m’a envoyé la police. Je me suis expliqué. Et maintenant on est en train de me faire passer pour un antisémite et un raciste. On cherche à me détruire. Tu peux me faire passer pour un mec qui a bu, qui s’est drogué. Mais antisémite, raciste, c’est pas mon éducation.

    R. Zem. - On doit en faire dix fois plus que les autres. Je m’arrange toujours pour arriver en avance. Si, moi, j’arrive en retard, ça prend une autre dimension.

    S. Naceri. - Moi, si je fais le quart de ce que font certains acteurs, je passe 48 heures au poste, on m’enlève les lacets et on m’envoie au dépôt.

    R. Zem. - Bon. On ne va pas faire nos pleureuses non plus. J’ai plein de copains acteurs qui ne bossent pas et qui sont français pur porc.

    N. O. - A propos de votre prix collectif d’interprétation à Cannes, « Libération » a dit qu’on avait récompensé « les beurs ».

    S. Naceri. - D’abord, le beurre, c’est le matin sur les tartines avec le café au lait. Nous, on est des Maghrébins. Le beur n’existe pas.

    J. Debbouze. - On est d’origine acteur, pas d’origine maghrébine.

    S. Bouajila. - Pardonnez-moi, mais on en a marre d’avoir à toujours se justifier. Beurs, beurs... On va aller sur la Lune, et ils écriront encore que nous sommes des beurs.

    R. Zem. - C’est péjoratif, réducteur.

    J. Debbouze. - Pas loin d’être raciste.

    S. Bouajila. - Moi, je fais mon métier et voilà tout. Punaise, on dort tranquille. Je me souviens que je suis « beur » seulement pendant la promo.

    N. O. - A l’époque de « Taxi », Samy Naceri, vous avez dit : « Depuis des années je rêvais de m’appeler Daniel ou Alain au cinéma. »

    S. Naceri. - J’étais ghettoïsé dans des rôles d’arracheur de sacs ou de braqueur de banques et je m’appelais toujours Ahmed ou Malek.

    R. Zem. - Un acteur français, Gad Elmaleh, m’a dit : « Vous, c’est bien, vous pouvez jouer des rôles d’Arabes et des rôles de Français, nous, on ne peut pas jouer les Arabes. » [Rires.] Attendez, De Niro et Al Pacino ne se sont jamais plaints de jouer des rôles d’Italo-Américains à leurs débuts. On doit tous faire nos classes.

    N. O. - Vous triomphez aujourd’hui dans des personnages d’« indigènes ».

    R. Zem. - Notre génération arrive au bon moment. Avant, le rôle de l’Arabe, c’était l’épicier. Qui se souvient de la génération de comédiens qui nous a précédée ? Maintenant, il y a de vrais personnages. Aujourd’hui, le problème s’est presque inversé. Par antiracisme, on ne nous propose que des rôles positifs. Si un réalisateur me propose un film avec deux flics dont l’un est ripoux, il considère comme un acte de bravoure de me confier le personnage du policier propre et sympa. Moi, je veux jouer le docteur Petiot.

    [^] fil: rep-
    28 septembre 2006 , par Visiteur

    Forts d’une aide au développement et d’une avance sur recettes obtenues sans mal (autour de 700 000 euros), Bréhat et Bouchareb partent, confiants, en quête de partenaires financiers. Les alliés de la première heure sont les responsables de France Télévisions et Jamel Debbouze. Le comédien apporte deux atouts considérables. D’abord, de nouveaux subsides. A même d’exiger un cachet de 1 million d’euros, il fait l’inverse : il sort ce million de sa poche, via sa société Kissman Productions, et devient coproducteur. Légalement obligé de toucher un cachet comme comédien, il prendra le minimum syndical, à savoir 300 euros par jour. Ensuite, sa relation privilégiée avec Mohammed VI, roi du Maroc. Le souverain met à disposition de la production la région de Ouarzazate, ainsi que 500 soldats et l’infrastructure militaire qui va de pair (avions, bateaux, etc.), ce pendant six semaines.

    T’as oublié de citer d’autres parties de l’article.

    [^] fil: rep-
    28 septembre 2006 , par Visiteur
    Tu te reveilles, tu aurais pu faire cet article au moment du Festival de Cannes

    [^] fil: rep-
    28 septembre 2006 , par Visiteur
    JAMEL PRESIDENT

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